Dans l'Amérique latine tropicale du XVIeme siècle, les colons espagnols obligèrent
d'abord les populations indigènes à travailler la terre et à extraire l'or et l'argent
. Ces populations indigènes ne survécurent pas aux conditions d'esclavage, les maladies
européennes et le travail harassant les décimèrent.

Emu du sort cruel réservé aux indiens, l'évêque Bartolomé de Las Casas écrit en
1542 au roi d'Espagne lui proposant d'importer des Africains dans les colonies espagnoles,
parce qu'ils étaient réputés mieux supporter le travail forcé dans le climat
éprouvant des Caraïbes et de l'Amérique latine. C'est ainsi que 12 à 15 millions de
Noirs seront arrachés à l'Afrique.


Au départ, les négriers quittaient l'Europe avec des armes, du tissu, de la poudre à
canon, des bijoux... Pour résumer, des richesses. Les navires négriers partaient de
quatre ports:
Le Havre
La Rochelle
Bordeaux
Nantes
De 1715 à 1789, il y eut 1427 expéditions négrières à partir de Nantes qui devint le
premier port négrier. Ce port s'est lancé dans le commerce d'esclaves vers 1715. Cela
pour répondre au besoin de main d'oeuvre des colonies.


L'organisation d'un voyage est la responsabilité de l'armateur. C'est lui qui fait
construire, armer, et équiper le navire. Ils trouvent les gens prêts à investir de
l'agent dans l'expédition, car c'est rare que quelqu'un ait assez d'argent pour le faire
seul. Donc, des gens achètent des parts. S'il y a des bénéfices, ils sont partagés en
fonction de la part de chacun. S'il y a des pertes, elles sont partagées de la même
façon.
Un armateur très connu de Nantes est Guillaume Grou. Il réalisa, avec la traite
négrière, une énorme fortune dans les années 1730-1740.
Gorée est une petite île, longue de 900 m et large de 300 m, à trois kilomètres au
large de Dakar, qui, il n'y a pas si longtemps encore, était l'un des entrepôts de la
traite négrière (Gorée n'est, bien-sûr, pas le seul endroit: d'autres villes et
d'autres forts ont participé à cette traite négriere). En effet, c'est ici que les
esclaves étaient achetés pour être emmenés vers le Nouveau Monde. Ces esclaves
étaient amenés ici par des marchands que les Européens payaient (avec de la pacotille,
de la poudre, des fusils et quelques bijoux) pour aller les chercher dans des villages.


Dans cette jolie petite île bien abritée des alizés vinrent mouiller pendant quatre
siècles, les bateaux négriers venant d'Espagne, du Portugal, de France, du Danemark, et
de l'Angleterre. Les équipages arrachèrent à leur pays les hommes et femmes les plus
forts et pillèrent les richesses de l'Afrique.
La maison des esclaves constitue le principal vestige de la pratique du commerce du
"bois d'ébène" sur l'île. Elle servait à enfermer les Nègres en attendant
que l'on vienne les chercher afin de les emmener, pour les vendre, de l'autre côté de
l'Atlantique.


En 1978, l'île de Gorée a été inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Le trajet durait 3 à 6 semaines. Dans les cales du bateau de nombreux esclaves meurent
à cause des maladies qui se propagent vite car les hommes et les femmes sont serrés et
entassés les un sur les autres: il pouvait y avoir jusqu'à 600 hommes sur un bateau. En
général plus des trois quarts du chargement ne résistait pas à ce traitement


Un négrier était plutôt petit. Il avait trois mats un grand, un petit et un moyen.
Pour équilibrer le navire, on mettait des pierres dans le fond de la cale. C'était un
bateau très rapide. Les négriers étaient attaqués par la marine de guerre anglaise car
après 1807, le commerce des esclaves était devenu illégal. Pour ne pas être pris, les
négriers utilisaient leurs canons. Mais si la marine anglaise était trop forte, ils
jetaient parfois les esclaves à la mer. Comme ça, il n'y avait aucune preuve que les
esclaves avaient été embarqués.


Une fois arrivé sur les côtes américaines les esclaves survivants étaient vendus.
Le prix d'un esclave était fonction de son sexe, de son âge, de son état de santé et
de sa force physique. Avant la vente le marchand essayait "d'embellir" ses
esclaves en les nourrissant correctement, en leur passant de l'huile sur le corps.
L'acheteur, lui, cherchait les moindres imperfections pour faire baisser le prix: une dent
en moins, une blessure ou une maladie quelconque entraînaient des rabais.
Après s'être débarrassé de leur marchandise, (il faut savoir que les esclaves étaient
considérés comme des objets) les négriers repartaient vers l'Europe, leurs navires
pleins de produits tropicaux (sucre, café, tabac, coton...) qui allaient être revendus
dans les pays d'Europe.


Dans les colonies du Nord, les esclaves étaient utilisés à des tâches domestiques
et dans le commerce. Dans les colonies du centre ils étaient davantage utilisés dans
l'agriculture, et dans les colonies du Sud où dominait l'agriculture de plantations,
presque tous les esclaves travaillaient dans celles-ci.
Dans les plantations de coton, de café et de canne à sucre, les trois grandes plantes
"esclavagistes", les conditions de vie étaient souvent atroces.

Le travail épuisait les esclaves du matin tôt jusque tard dans la nuit: Aux Antilles,
les esclaves étaient réveillés vers 5 h du matin par un claquement de fouet. Après la
prière et l'appel c'est le départ pour les champs. A midi, ils disposent de deux heures
pour préparer leur repas et manger. Puis le travail reprend jusqu'a la tombée de la
nuit. Mais la journée n'est pas finie pour autant: il faut encore chercher de l'herbe
pour le bétail. Ensuite seulement les esclaves peuvent rentrer dans leur case pour
préparer, en famille, leur repas. Vers minuit, épuisés, ils se jettent sur leur lit
pour une courte nuit de sommeil.


Tout esclave souhaite retrouver la liberté. Peu nombreux, toutefois, sont ceux qui
osent tenter de s'évader. Les châtiments encourus sont terribles. Le Code noir,
rédigé au temps de Colbert en 1685, punit trés durement les fugitifs: " L'esclave
fugitif qui aura été en fuite pendant un mois, à compter du jour que son maître l'aura
dénoncé en justice, aura les oreilles coupées et sera marqué d'une fleur de lis une
épaule : et s'il récidive un autre mois pareillement du jour de la dénonciation, il
aura le jarret coupé et sera marqué d'une fleur de lis sur l'autre épaule ; et la
troisième fois, il sera puni de mort." Ces pratiques barbares sont peu à peu
abandonnées mais cela n'empêche pas les mauvais traitements. On voit se constituer des
groupes de nègres marrons. Le marronnage (de l'espagnol cimarron qui signifie
"sauvage") désigne la fuite. On distingue le "petit marronnage", une
absence de quelques jours, du "grand marronnage" qui est d'une durée beaucoup
plus longue et éventuellement en bande. Les nègres marrons sont souvent repris mais ceux
qui réussissaient à échapper aux recherches et battues entreprises pour les retrouver
faisait perdre l'argent à leur propriétaire.

