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Les martyrs de la liberté

Les révoltes des esclaves débutèrent dès l'instant où la traite commença.
Des millions d'hommes et de femmes périrent autant par les maladies que par les sèvices d'autant plus féroces que la révolte menaçait à tout instant.
La fin du 18è siècle et le début du 19e virent la résistance à l'oppresseur s'organiser constituant "l'Epopée noire".
Les noms de ces martyrs héros de la liberté en Guadeloupe, en Haïti, en Martinique sont peu connus exceptés les plus célèbres d'entre eux tant il est vrai qu'un voile de méconnaissance recouvre "pudiquement" notre histoire et singulièrement le passé esclavagiste de celle-ci.
Profitons de l'intérêt suscité par la commémoration du 150e anniversaire de l'esclavage pour en rappeler les noms et les faits.
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Ignace, ancien menuisier, s'était engagé dans l'armée de Victor Hugues combattant les anglais en Juin 1794, y avait gagné ses galons de capitaine et commandait le Fort de la Victoire à Pointe-à-Pitre à l'arrivée de Richepance.
Il refuse de déposer les armes comme celui-ci le demandait aux soldats noirs réunis dans la plaine de Stevenson.
Avec une poignée de soldats et d'officiers, il échappe à la vigilance du corps expéditionnaire et rejoint Delgrès à Basse-Terre.
S'étant retiré au Fort Baimbridge, il y fut assiégé par les troupes esclavagistes commandées par les généraux Pelage et Gobert. Vaincu par le nombre et la disproportion des armées, il y trouva la mort avec la plupart de ses compagnons.

Delgrès, né à Saint-Pierre de la Martinique, le 2 avril 1766, entré dans les milices en qualité de fusilier en 1783, il avait conquis ses galons en défendant les îles contre les anglais.
Il sert comme lieutenant sous les ordres de Rochambeau à la Martinique lors de la défense de cette île contre les Anglais.
Il se distingue au combat du Morne Rouge, le 20 février 1793. Déporté par les Anglais, il est débarqué à Saint-Malo, puis versé au bataillon des Antilles créé à Brest.
Il est nommé Capitaine et participe au siège de l'île de Saint-Vincent où il est fait prisonnier et conduit dans les prisons de l'Angleterre.
Libéré quelques temps après, il est fait chef de bataillon et s'embarque pour la Guadeloupe.
Pelage le désignera pour commander la garnison de Basse-Terre.
En 1802, après une farouche résistance à Matouba, où il s'était retiré avec les derniers combattants de la liberté, il se fit sauter avec l'avant-garde des troupes de Richepance, plutôt que de retourner dans la servitude.

Gertrude, a été convaincue du crime d'empoisennement sur l'habitation Fougères dans les hauteurs de Petit-Bourg. Elle a été pendue et ensuite son cadavre brûlé le 8 février 1822 sur la place de Petit-Bourg.
(extrait de la Conférence donnée le 8 février 1998 par le professeur Alain Yacou, lors de la journée dédiée à la mémoire de Gertrude à Petit-Bourg).

Toussaint Louverture, de son vrai nom François-Dominique Breda, est né le 24 mai 1743 sur l'habitation Breda.
Le nom de Louverture, écrit aussi à l'époque l'Ouverture, lui avait été donné par ses compagnons de servitude à cause de la vivacité de son intelligence et de son aptitude à vite analyser une situation donnée.
Affranchi à 33 ans, il en avait 48 quand éclata le soulèvement d'esclaves conduit par Bouckman dont il fut un des lieutenants.
Après la mort de celui-ci et au fur et à mesure de la radicalisation de la lutte des Noirs ayant à affronter tantôt l'armée des Blancs, tantôt celle des Mulâtres, débarrassé de la présence des autres chefs historiques de l'insurrection tués au combat ou attirés par les propositions alléchantes des autorités de la partie espagnole de Saint-Domingue, Toussaint devint dès 1794 le chef de l'armée noire.
Apportant son appui aux commissaires civils délégués par l'Assemblée nationale, dont l'autorité était menacée par les Blancs livrant le pays aux Anglais, il fut fait général de brigade puis commandant en chef par la Convention et le Directoire, et chassa les Anglais de l'île dont il assura avec succès le gouvernement général à partir de 1798.
Arrêté par traîtrise par le général Leclerc, commandant le corps expéditionnaire français, il fut transféré en France et enfermé au Fort de Joux, dans le Jura où il mourut peu après de froid et dans l'isolement le plus total.

Dandanne, Presson, citoyennes noires, participèrent à l'assaut du fort Fleur d'Epée contre les Anglais et pour la promulgation du premier décret d'abolition de l'esclavage en Guadeloupe.

Solitude, la mulâtresse farouche combattante de la liberté pendant l'épopée de Delgrès et Ignace, enceinte et sur le point d'accoucher au moment de sa capture par les troupes de Richepance, elle fût suppliciée et mise à mort après son accouchement.

Marie-Rose Toto, combattante, maîtresse de Delgrès enfermée avec lui dans le Fort, elle eut la jambe fracturée et fut portée au bourreau sur un brancard.

Palème et Jacquet. Palème chef de bataillon des troupes noires sous Victor Hugues devint commandant de la place d'armes de Pointe à Pitre. A Dolé, aux cotés de Jacquet et à la tête de 200 hommes, il défit un bataillon de 900 hommes de troupes coloniales parties de Pointe à Pitre pour prêter secours à Richepance.
A nouveau attaqués à revers sur le poste de Dolé, ils battirent les troupes coloniales emmenées par le Capitaine Crabé et passèrent par les armes un officier pour crimes de guerre.

Massoteau, chef de bataillon, nommé commandant de la place d'armes de Basse-Terre, se rebelle aux cotés d'Ignace en quittant le fort de la Victoire à Pointe à Pitre. Il meurt noyé au cours du trajet conduisant les rebelles de Petit-Canal vers la Basse-Terre.

Noël Corbet, homme de couleur, commerçant de Pointe à Pitre, promu commandant du fort Fleur d'Epée. Aux cotés d'Ignace, il livra notamment bataille à Basse-Terre devant la rivière des Pères face à Richepance.

Le Capitaine Dauphin, combattant auprès de Delgrès à Matouba, il fut retrouvé mutilé mais vivant après l'explosion du fort. Il fut pendu au cours Nolivos à Basse Terre et son cadavre exposé sur la potence du morne Constantin.

Capitaine Nicolo, combattant, fut blessé et morut aux côtés de Delgrès à Baillif au cours de l'assaut des troupes de Richepance menées par Pélage et Gobert.

Capitaine Mondesir Grippon, capitaine de la garde nationale, fut pendu et son cadavre exposé au morne Constantin.

Capitaine Doria et Sans Peur, combattants aux côtés de Delgrès, prisonniers après la bataille de Matouba, furent pendus et exposés au morne Constantin.

Jean Charles, corsaire, a tenu tête avec quelques hommes à un bataillon entier des troupes coloniales de Richepance, prisonnier après la bataille de Matouba, il fut pendu et exposé au morne Constantin.

Monnereau, aide de camp et secrétaire de Delgrès, condamné à être pendu pour avoir rédigé la proclamation de Delgrès, il fut supplicié et son cadavre exposé sans sépulture jusqu'à putréfaction.